singingintherainPetite chronique d'un jour de pluie.

D'aussi longtemps que je m'en souvienne ,j'ai toujours aimé la pluie , pluie de printemps ,d'été ,d'automne et d'hiver ,elles avaient toutes leurs particularités .Et aujourd'hui ,21 octobre ,il est 7 H 45 du matin et en Touraine ,il pleut . Ce que tout le monde approuve ,la secheresse étant ce qu'elle est surtout pour les gens de la campagne ,quelques gouttes de pluie sont toujours les bienvenues .

En Afrique ,il suffit de lire Karen Blixen pour comprendre l'absolu necessité de cette pluie dont dépend toute une année :"Quand la grande période des pluies commence en Afrique ,aprés trois mois de sécheresse et de chaleur ,la verdure ,la fraîcheur et les parfums qui jaillissent de toutes parts paraissent accablants. L'eau que la terre absorbera pendant deux mois devra suffire à toutes les exigences de la ferme ,qu'il s'agisse des plantesq ,des bêtes ou des hommes pendant les quatre mois secs qui suivront. Le paysage même finit par apparaître séduisant quand tous les chemins sont transformés en clairs ruisseaux.C'est d'un pied léger que le fermier avance dans la boue jusqu'au champ de maïs qui fleurit et ruisselle à la fois."

Virginia Woolf ,dans son Journal d'adolescence  se fait un devoir de raconter le temps de sa journée ,le 8 septembre 1899, voilà ce qu'elle note dans son journal : " C'est la premiére fois aujourd'hui depuis notre arrivée  que nous nous sommes réveillés en découvrant un ciel gris et une pluie tenace .Il a plu toute la matinée avec de trés bréves interruptions.Il n'est rien de plus mélancolique que de rester enfermé à la campagne par un jour sans soleil; cela étant ,passer une journée dehors sous la pluie ne manque pas de charme et c'est quelque chose ,lors d'un été sec comme celui-ci ,qui ravit bien davantage qu'une banale excursion par beau temps ."

Parfois ,il arrive que la pluie soit perçue comme un gros probléme voire même une fatalité ,il suffit de lire les souvenirs d'enfance de Frank McCourt dans " les cendres d'Angela " pour comprendre : "Quand je revois mon enfance , le seul fait d'avoir survécu m'étonne.Ce fut ,bien sûr ,une enfance misérable : l'enfance heureuse vaut rarement qu'on s'y attache.Pire que l'enfance misérable ordinaire est l'enfance misérable en Irlande .Et pire encore est l'enfance misérable en Irlande catholique .

Et tout ça trempés comme des soupes.

Loin dans l'océan atlantique ,des masses pluvieuses se rassemblaient pour remonter avec lenteur le fleuve Shannon et s'installer définitivement à Limerick .La pluie imprégnait la ville de la fête de la Circoncision à la Saint-sylvestre.Elle créait une cacophonie de toux séches ,de râles bronchitiques ,de sifflements asthmatiques,de quintes caverneuses.Elle changeait le nez en fontaine,les poumons en nid à bactéries. Du mois d'octobre au mois d'avril Limerick luisait d'humidité .Les vêtements ne séchaient pas :tweeds et manteaux de laine hébergeaient des choses vivantes et abritaient parfois de mystérieuses végétations .

La pluie nous menait à l'église-notre refuge,notre force,notre unique endroit sec.Limerick gagnait ainsi une réputation de piété,mais nous savions bien que ça n'était que la pluie ."

La pluie , adorée des enfants(flic-flac ,l'eau fait des flaques-il pleut ,il mouille c'est la fête à la grenouille ) ,chantée par les poétes ( un p'tit coin de parapluie contre un coin de paradis ).La pluie vénérée et détestée .En fait ,comme toujours , chacun voit midi à sa porte . Et devant ma porte à moi ,je peux vous le dire ,il y a actuellement une pluie fine mais intransigeante qui sans doute durera toute la journée  , alors sur ces mots ,je ne m'attarde pas ,et je vous souhaite une bonne journée , car voyez-vous je vais " singing in the rain " .

Bye .